Me, Myself & I

février 2, 2026

Pendant longtemps, j’ai cru que j’avais un problème d’attention. Un manque. Une faiblesse. Un bug du cerveau. Avec le temps, j’ai compris que ce n’était pas vraiment ça. Mon cerveau ne manquait pas d’énergie. Il en avait trop.

Un cerveau TDAH, c’est un cerveau qui ne filtre pas très bien. Chez moi, tout passe : les idées, les images, les associations improbables. Résultat : fatigue, dispersion, surcharge… mais aussi créativité brute, intuition rapide, capacité à voir des liens que d’autres ne voient pas.

Ce n’est pas un super-pouvoir magique. C’est un moteur surpuissant sans boîte de vitesses.

Quand j’apprends à le conduire, ça peut m’emmener très loin. Quand je ne sais pas, je vais dans le murs.

Je vis souvent cette impression étrange : avoir plus d’énergie mentale que la moyenne, et en même temps me sentir constamment en retard sur tout. Physiquement aussi, j’ai l’impression d’allez vite et que les autres me dépassent en marchant. C’est un peu l’ histoire du lièvre et de la tortue ou comme on dit chez moi, « c’est pas celui qui gesticule le plus vite avance le plus vite »… Mais étrangement ça ne m’a jamais beaucoup dérangé. Vous savez pourquoi ? Parce que j’ai toujours travaillé comme indépendant, et que quand on travaille seul, y a personne pour vous faire culpabiliser ou nous reprocher qu’on s’est trompé de chemin, qu’on a mis des ronds avec des carrés. Quand on est seul on fini par se rendre compte de ses erreurs et on peut se traiter de « con » mais ç n’a pas le même effet que quand nos collègues ou les gens qu’on aime nous font remarquer nos bêtises.  C’est juste « me, myself & I » sans doute une raison de ce stakhanovisme, quand je travail je peux dire fichez moi la paix je travail, seul… 

Le TDAH ne m’empêche pas d’être concentré. Il m’empêche de choisir sur quoi je vais l’être. D’où ces phases d’hyperfocus presque obsessionnelles, suivies de périodes de vide total.

D’où cette capacité à produire énormément… Puis à m’épuiser sans toujours comprendre pourquoi.

Vu comme ça, je vois le TDAH moins comme un trouble dérangeant que comme une architecture mentale différente. Pas adaptée aux structures rigides, aux routines imposées, aux systèmes lents. Mais étonnamment efficace dans l’exploration, la création, l’entrepreneuriat, l’art, la résolution de problèmes.

Je ne me vois pas comme un super-héros. Je me vois plutôt comme quelqu’un avec un radar trop sensible. Je capte beaucoup de choses, parfois trop. Et j’apprends, encore aujourd’hui, à choisir lesquelles méritent vraiment mon énergie mais… je me trompe encore… trop…

Les super pouvoirs existent, La fatigue aussi. Pour moi, la clé n’est pas de devenir “normal”, C’est d’arriver à s’organiser avec des routines pour rester sur les rails et ne pas se laisser distraire par les premiers nuages qui passent ou cette magnifique mouches à la couleur métallique qu’on aurait très envie de admirer sous le microscope afin d’en comprendre sa nature complexe…